Photo : Dieppe, la semaine avant le confinement

Quel changement depuis le dernier article… Je parlais d’une sensation de liberté, de légèreté, de joie. Et deux semaines plus tard une vague s’est abattue sur le pays. On s’en doutait, mais c’est toujours différent d’y penser et d’y être réellement confronté.

Comment vous sentez-vous ?

Le confinement chez soi, même si indubitablement nécessaire dans la situation où nous nous trouvons, peut avoir des impacts sur la santé mentale. Je sais d’expérience que l’on peut avoir tendance à en rajouter une couche en culpabilisant car d’autres personnes vivent des situations pires que la nôtre. Alors ici personne n’est là pour juger ce que vous ressentez à l’instant. Vous faites ce que vous pouvez avec vos ressources à ce moment là. Ok ? Je ne serais pas là pour vous pointer du doigt si l’angoisse se fait ingérable alors que « tout va bien » pour vous vu de l’extérieur. Non, non.

Si vous le souhaitez, vous pouvez partager votre ressenti dans les commentaires. Qu’importe le spectre dans lequel vous vous trouvez (parce que je pense qu’il y a aussi des personnes qui peuvent vivre très bien ce confinement, et ils n’ont pas à se sentir coupables non plus), que ce soit une expérience positive ou négative, si ça vous fait du bien d’écrire quelques mots, vous pouvez 🙂

Je vais vous partager mon petit carnet de bord.

Annonce & temps d’adaptation

De mon côté, l’anxiété a été difficile les premiers jours. Elle me tiraillait très fort. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu cette boule au ventre et le sommeil qui ne vient pas à cause non pas de causes extérieures, mais à cause de mon mental. C’était comme une chape de plomb qui se serait abattue, invisible, lourde. Faire ne serait-ce que la vaisselle ou répondre aux mails était difficile. Je me suis autorisée à être en service minimum et à faire les choses à un rythme ralenti. Ce qui est étrange, c’est que ce mois de mars devait être initialement un mois de mi-vacances mi-travail. J’avais en tête de me reposer mais ce n’est que cette semaine que je me rends compte que je ne m’étais pas réellement autorisé la partie vacances. Oui je me baladais mais je ne me laissais aller à l’oisiveté pure qu’une heure par ci ou par là.

Cette semaine j’ai fait quelque chose qui m’aurait paniqué il y a encores quelques jours : j’ai enlevé mon réveil matin. Ayant réduit mon flux de travail ce mois-ci en perspective de ce mois à découvrir Rouen, je peux me le permettre. Il n’y a que moi qui me mettait la pression pour être devant mon ordinateur à 9h30. Contre toutes les indications que j’ai pu entendre (« pendant ce confinement surtout gardez une routine ! Evitez le désoeuvrement ! »), j’ai fait l’exact opposé. Je découvre que même sans réveil je me réveille à la même heure, tout en m’évitant l’insupportable vibration de mon téléphone. J’ai enlevé mes plages horaires de travail. Il m’est arrivé de ne commencer qu’à 16 heures ma journée et parfois de travailler le soir juste par envie. Je n’avais aucune deadline pressante alors pourquoi courir dans la roue de la productivité ces jours-ci particulièrement ? Surtout que cette première semaine de confinement ne fut pas simple à gérer d’un point de vue professionnel: en tant que freelance des paiements que je devais voir arriver cette semaine ne sont pas arrivés, et je ne peux que croiser les doigts que certains arriveront la semaine prochaine. On verra bien, comme le faisait remarquer ma mère : c’est difficile pour tout le monde, donc je dois être compréhensive et patiente. Elle a raison.

Malgré cette décision de mettre au point mort ma routine habituelle, je découvre à quel point je peux me faire confiance : le travail est fait. Je sais que je reprendrais un rythme normal (des horaires de bureaux) bien assez vite. A contexte exceptionnel, mesures exceptionnelles. Et dans mon cas, je dois m’occuper de mon anxiété, ce qui ne représente rien dans le grand schéma de la vie mais qui est bien assez envahissant dans ma vie quotidienne. Les peurs tournent en boucle dans ma tête et le sentiment d’impuissance me nargue. Mais, je sais bien que lorsqu’il est là, c’est aussi le signal que je dois tout lâcher. Si je suis impuissante, si je ne peux rien faire, je dois me laisser porter la vague. Alors la vague m’emporte et j’attends d’être déposée sur la rive quand la vague aura fini son chemin.

Retrouver le jeu

Ces deux derniers jours j’ai acheté des jeux vidéos ! Et ça, je peux vous dire que c’est une grande nouvelle. Je ne suis pas vraiment consommatrice de jeux vidéos à part les Sims avec une moyenne de 2 jours par an maximum. Alors que j’appréciais ça pendant mon adolescence (un peu), j’ai complètement perdu l’intérêt avec le temps. Je m’y ennuie très rapidement et n’ayant absolument pas les réflexes nécessaires, un jeu même simple peut devenir très frustrant.

Pourtant, pour de multiples raisons (je n’ai pas internet en illimité à part le weekend là et je n’ai pas la possibilité d’acheter de livres pour m’occuper), le jeu vidéo s’est imposé comme une possibilité d’occuper mon temps. Or, ce qui est sous-jacent et que je n’ai pas réalisé tout de suite c’est qu’en faisant cela, je m’autorisais à avoir des moments de Jeu au sens premier. De joie. De non productivité. Quelque chose d’inutile mais qui me permettait d’être légère pendant quelques temps.

Hier soir, nous avons joué ensemble avec mon copain (à un jeu nommé Castle Crashers). Nous avions déjà essayé sur un autre jeu (tricky towers) il y a quelques temps et j’avais fini plus énervée qu’autre chose, l’expérience n’avait pas été concluante. Ce qui a changé hier soir par rapport à la première fois, c’est que nous n’étions pas dans un jeu l’un contre l’autre mais nous faisions équipe. Et même si cela ne doit pas être spécialement agréable pour lui de devoir me redonner de la vie toutes les 5 secondes, ça m’a permis de passer un véritable bon moment. On a ri et j’ai eu l’impression que cela faisait longtemps que je n’avais pas ri avec quelqu’un. Pourtant, ça ne fait que quelques jours je pense, mais ces jours m’ont semblé tellement longs par moments…

Regarder des vlogs

J’arrive après tout le monde mais la semaine avant le confinement je me suis découvert une passion pour les vlogs ! J’en avais toujours vu à propos de voyages, ce qui étrangement m’ennuyait au plus haut point donc je ne pensais pas aimer ça. Non, non ! Je découvre que j’apprécie les vlogs sur la vie quotidienne. J’adore suivre les gens dans les choses basiques de la vie comme faire à manger, travailler, voir des amis…

Et cela m’a même donné envie d’avoir une micro routine beauté, dis donc. Après tant d’années sans rien mettre sur ma peau à part de la crème hydratante ! Je ne sais pas, je regardais une chaîne en particulier, et à force de voir la personne prendre son temps pour mettre ses crèmes, je me suis dit que ça avait l’air d’être un moment agréable et que si en plus je pouvais avoir une peau légèrement moins acnéique, je ne dirais pas non ! Le mois dernier j’avais déjà fait une folie en achetant une huile pour mon cuir chevelu très très abîmé, mais j’en profite maintenant pour mettre quelques gouttes sur mon visage. Le dernier venu est une crème nettoyante. J’ai donc officiellement 3 produits de beauté, hahaha. Ce qui est déjà le triple de ce que j’avais il y a un mois et demi. On verra si je vois une amélioration… Ecoutez, je n’ai que ça à faire, haha.

Pour ceux que ça intéresse, je regarde la chaîne de Michelle Choi, Best Dressed, Estée Lalonde & les vlogmars d’Enjoy Phoenix. N’hésitez pas à m’en recommander 🙂

Retrouver le temps

Pour ceux qui se retrouvent comme moi dans une sorte de faille spacio-temporelle où le temps est soudain partout à portée de main, comment le vivez-vous ? Les premiers jours m’ont paru incroyablement longs (mais je pense que c’est dû à mon angoisse) et ce weekend passe à une vitesse phénoménale. Le temps rallonge, se raccourcie, se rallonge encore… La relativité que nous connaissons tous est vraiment intéressante à vivre cette semaine (pour moi en tout cas haha).

Comme vous l’avez entendu dire un peu partout, c’est un moment particulier voire historique que nous vivons et même si nous ne savons pas quand, il aura une fin. Alors je n’ai pas envie que cette période soit l’occasion pour remplir des objectifs. Bien sûr, c’est en soi un superbe moment. C’est une belle opportunité pour réaliser vos projets qui trainent depuis longtemps, créer votre site, mettre en place votre boutique en ligne, vous pencher enfin sur les revenus passifs… Je vois l’opportunité mais je n’ai tout simplement pas envie de m’y atteler à l’heure actuelle. Je ne suis pas dans une énergie créatrice pour l’instant. Cela vient peut être du fait que mon travail repose sur ma créativité : je suis en train de laisser la jauge de créativité se remplir en faisant autre chose. Chacun a son propre rythme créatif et le mien se déroule généralement comme ceci : avoir des idées, les laisser reposer (et même disparaître si elles n’ont pas tant d’intérêts que ça) pendant des mois voire des années et soudain, le moment est venu… L’envie est impérieuse et je dois faire ce projet ici et maintenant. En quelques heures ou quelques jours il est généralement bouclé. J’aurai pu « forcer » le process comme je le fais pour les projets professionnels puisque je dois créer de manière constante, mais pour les projets à côté, je préfère pour l’instant les laisser passer à travers le filtre naturel que je viens de vous expliquer.

C’est une parenthèse innattendue que nous vivons, vous pouvez la remplir (ou non) comme vous le souhaitez.

Quels mois étranges quand même. Après les gilets jaunes, les grandes grèves, une pandémie… Il y a des choses à apprendre (patience, écoute, adaptation, solidarité…) et d’autres à déconstruire (par exemple, j’ai jugé très durement les gens ces deux dernières semaines, je vois bien que cela ne m’apporte rien. Tout ce que je peux faire c’est… m’occuper de mes fesses.).

Je vais m’arrêter ici pour cet article.
Vous avez sûrement remarqué que je ne parle pas forcément de l’épidémie en tant que telle car ce n’est qu’une simple journal de bord aussi frivole que ma vie à l’instant. Cela ne nie pas la gravité de la situation. Je n’ai tout simplement pas envie de nourrir votre angoisse ainsi que la mienne en écrivant sur les parties sombres. Elles sont présentes à portée de clic partout. Je vous laisserai choisir si vous souhaitez y accéder ou non.

Prenez soin de vous, prenez soin des autres.
Je vous souhaite une bonne santé à vous & à votre entourage (et à tous ceux qui n’ont pas de proches d’ailleurs).

Publié par :Sibylle Roze

Designer graphique, créative en général, j'aime aussi écrire et prendre des photos. Le bien-être est un sujet qui me fait vibrer, et je souhaite montrer aux gens qu'ils ont le pouvoir de reprendre la main sur leur quotidien, petit à petit.

2 commentaires sur &Idquo;Un confinement s’il vous plait #4: Du temps, de l'angoisse & du jeu&rdquo

  1. Hello Sybille,

    Merci pour ce post, il met du baume au cœur. Pour yt, je te conseille Rowena Tsai 🙂 bon courage pour cette étrange période !

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