Moi aussi j’ai peur de l’avenir

Je vous l’ai déjà évoqué plusieurs fois mais le temps qui passe me terrifie. Je compte les jours, je compte les mois et je ne vois pas les objectifs que je me fixe être atteints. J’ai toujours cette sensation que l’avenir ne peut pas être meilleur que le présent que je vis et cette angoisse me grignote petit à petit. En écrivant ces lignes, je ressens comme un vide. C’est la peur, la peur profonde d’échouer. Je me vois évoluer sur certains plans et stagner sur d’autres qui me semblent cruciaux et ça m’inquiète.

Au moins, je ne regrette rien. Je ne me dis pas “et si j’avais fait ça ?” car rien n’aurai pu se passer différemment. Ce qui a été fait devait l’être à ce moment là. Je le sais. Le passé est derrière moi et ne me dérange pas. Ce sont les éléments plus ou moins tangibles desquels je peux extraire des leçons.

Mais l’avenir… Je préfère souvent ne pas y penser car je ne me sens pas à la hauteur de mes aspirations qui sont pourtant si banales.

Je vais vous le dire de quoi j’ai peur : de me retrouver sans le sous au moment de ma retraite, de devoir me nourrir au minimum voire d’être à la rue. J’ai peur de finir SDF. J’ai peur de devoir vivre au crochet de la société et de mes parents encore quelques années. J’ai peur que ma famille me tourne le dos car je n’arrive pas à vivre confortablement par moi même. J’ai peur que mes amis me trouvent inférieure car je ne gagne pas autant qu’eux. J’ai peur d’avoir un accident et de perdre mes capacités physiques et mentales. J’ai peur d’avoir un cancer. J’ai peur de mourir. J’ai peur de finir seule car aucun homme n’aura accepté d’aimer une personne ne souhaitant pas d’enfant. J’ai peur que si je ne fonde pas de famille, personne ne sera là pour s’occuper de moi pendant mes vieux jours puisque je suis la dernière de la famille. J’ai peur de ne pas réussir à devenir propriétaire alors que je le souhaite si fort, depuis si longtemps. J’ai peur de ne pas être capable de subvenir à mes besoins. J’ai peur de ne jamais avoir d’animal de compagnie. J’ai peur de ne jamais réussir à être indépendante. J’ai peur du déclassement social. J’ai peur de ne pas devenir l’exemple de réussite que je souhaite devenir. J’ai peur de perdre la vue ou l’usage de mes mains.

Si vous saviez comme j’ai peur.

Néanmoins, je sais que ce sont les règles du jeu lorsqu’on décide de ne pas prendre le chemin conventionnel. Alors j’essaye de museler tant bien que mal ces peurs pour qu’elles n’entravent pas mon avancée car le pire serait de se saboter. Ces peurs ne doivent pas me paralyser.

Au moment où j’écris ces lignes, je regarde des chiens jouer ensemble avec leurs humains à côté. Je ne peux pas aller “participer” puisque je ne suis pas propriétaire de chien. J’ai déjà l’air assez folle comme ça, pleurant seule dans le par, je ne vais pas en rajouter une couche en allant les voir, l’oeil humide en leur demandant si je peux jouer avec leurs chiens. Je peux regarder au loin mais il y a cette distance fondamentale entre eux et moi.

Ecrire toutes mes peurs ci-dessus m’a rendu très sensible. J’ai les larmes aux yeux car déverser ce qui inquiète bouleverse. Et je me demande “C’est si difficile que ça d’avoir un lopin de terre et un chien à promener ?”, “Pourquoi est-ce- que je n’y arrive pas ?”, “Pourquoi je bloque ?”, “Pourquoi est-ce que cela me met dans un tel état de voir des gens avec des chiens ?”, “Qu’est-ce-que ça veut dire ?”.

Je pense à certaines de mes connaissances qui liront ces lignes mais n’aimant pas les animaux me penseront folle.

OK. Retournement de situation en pleine rédaction de cet article: un chien vient de courir jusqu’à moi, sûr de lui, traversant le parc comme une flèche pour venir me dire bonjour, se faire gratouiller le dos et me montrer son ventre. Voilà pourquoi j’ai un tel lien avec ces créatures. Vous vous sentez mal ? Vous pleurez ? Ils ne vous connaissent pas mais se dirigent droit sur vous pour un petit shoot de bonheur. Ils sont contents, et la joie revient. Merci petit doggo d’être venu à moi pendant que je séchais mes larmes.

Revenons à notre sujet principal avant cette interlude canine. La peur. Je vois bien toutes les peurs que j’ai affronté les unes après les autres tout au long de l’année. Je vois toutes les victoires qui me permettent de m’affirmer un peu plus chaque jour. Je vois les signaux positifs qui balisent le chemin. J’ai la conviction d’être là où j’apprends le plus car je suis obligée de voler de mes propres ailes. Je surmonte des épreuves dont je ne me savais pas capable il y a de ça 1 an.

Ces deux polarités (la peur et le dépassement de soi) me mettent dans une situation inconfortable. Je me pose beaucoup de questions du type “Devrais-je faire plus ?” lorsque j’éteins mon ordinateur ou encore “Devrais-je être plus rapide ?” quand je passe du temps sur un sujet qui ne me ramène pas d’argent directement (comme écrire un article par exemple).

J’imagine que c’est cela aussi, grandir. Garder le cap malgré l’inconfort. C’est peut-être cela aussi, de développer son mental. Pourtant, je déteste toujours autant travailler mes abdos au yoga, haha. Trouver son centre, le confort dans l’inconfort, j’y n’y suis pas encore.

Designer graphique, créative en général, j'aime aussi écrire et prendre des photos. Le bien-être est un sujet qui me fait vibrer, et je souhaite montrer aux gens qu'ils ont le pouvoir de reprendre la main sur leur quotidien, petit à petit.

6 Comments

  1. manon
    avril 21, 2019

    Coucou ! Je sais pas trop pour la peur de l’avenir parce que perso j’arrête pas de me dire à quel point j’ai de la chance et je fais confiance à la vie pour me donner les bonnes opportunités… je sais pas si je suis trop naïve ou optimiste, mais j’ai pris quelques grosses décisions et le reste s’est plutôt bien passé… Essaie de ne pas angoisser pour des choses aussi abstraites et si lointaines ? (Facile à dire).
    Et sinon pour les chiens (moi aussi je me sens un peu dingue à sourire aux chiens que je croise dans la rue) t’as pas la possibilité de faire du dog-sitting auprès de particuliers, ou d’aller dans un refuge pour promener les chiens ? Je sais que c’est possible ici mais je sais pas si t’as des refuges proches.
    Courage !

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    1. Sibylle Roze
      avril 28, 2019

      Coucou Manon,

      Ca me fait plaisir de voir que tu continues à lire mes pérégrinations malgré le temps qui passe 🙂

      Tu as tout à fait raison de faire confiance (même si au fond je pense que c’est surtout que tu TE fais confiance) ! De mon côté c’est très changeant… Un jour je fais confiance au monde entier, je vois mon potentiel, ma force, et je sais que je peux arriver là où je le souhaite. Et puuuuis… le lendemain patatra, on repart de 0. J’espère que cela va se réguler avec le temps. Il y a 2 points qui me bloquent et qui me génèrent énormément d’angoisse donc je pense que tant que je n’aurai pas réussi à trouver le moyen de faire la paix avec eux, je serais toujours dans cette ambivalence.

      Je ne sais pas pourquoi mais je m’en serais doutée que tu étais une amie des doggos, hahaha. Tu as tout à fait raison, je devrais faire du dog-sitting (ou pet en général) mais je n’ai pas encore passé le cap mais je pense que ce serait une bonne chose !

      Pleins de love sur toi Manon

      Répondre
  2. Pauline
    avril 21, 2019

    Coucou Sybille ! Je me retrouve un peu dans tes peurs. Heureusement nous ne savons pas de quoi l’avenir est fait sinon nous vivrions dans la peur l’angoisse et l’attente. Il m’arrive de regretter certaines choses du passé que j’aurais faite autrement. Mais le plus important est de vivre l’instant présent et d’être maître de ces choix. Quoi de mieux que d’être libre de ses choix, indépendante, actif dans sa vie. Plutôt qu’être enfermée dans un boulot stable ennuyeux sans épanouissement… Chacun évolue à son rythme 🙂

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    1. Sibylle Roze
      avril 28, 2019

      Tu as tout à fait raison Pauline, ça n’aurait pas de sens si nous savions de quoi l’avenir était fait ! Je suis de nature impatiente, il faut que j’accepte que tout ne se fait du jour au lendemain… C’est duuuur. Hahaha.

      Merci d’avoir pris le temps d’écrire un commentaire Pauline <3

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  3. Agathe
    mai 13, 2019

    Chère Sybille émotive et au grand coeur,

    Quand je lis tes lignes, j’ai l’impression de me lire dans le passé. Je suis moi aussi une grande peureuse dans l’âme, mais qui se soignent grâce aux fleurs de Bach :-). Je vibrais tout comme toi de peurs, de freins, de comparaisons. Je ne dis pas que c’est fini, que c’est plus jamais ça. Mais j’ai grandi.

    Si je peux te rassurer, tout change, et toi aussi tu vas grandir. Comment une personne comme toi ne pourrait pas grandir et s’épanouir ?

    Merci de ton partage à coeur ouvert. C’est rare les personnes qui osent parler de leurs ressentis honnêtement et avec autant de vulnérabilité.

    Notre société nous rend peureuses face à l’avenir financier, nous met la pression pour que l’on réussisse financièrement… Toutes tes peurs sont le reflet des peurs de notre temps j’ai bien l’impression.

    Je te souhaite de trouver ce qui te permet de trouver ton équilibre, si c’est les chiens alors tant mieux. Chacun son style et ses besoins. Ils sont de si précieux guides, peu importe si tes amis les partages ou non.

    Je t’embrasse chaleureusement.

    Agathe <3

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    1. Sibylle Roze
      mai 19, 2019

      Hello Agathe,

      La première fois où j’ai lu ton message, j’en ai pris un screenshot pour me souvenir de ces mots. Ils m’ont ému, car je me suis sentie acceptée et comprise. Ce n’est pas rien. La vulnérabilité fait peur mais lorsque je reçois de tels messages, je me dis que cela vaut le coup car je comprends que nous sommes un tout. Et même si l’incompréhension peut naître au coeur de certains, d’autres comprendront mes craintes.

      Merci pour ces mots, merci d’avoir lu mon article, merci pour tout.

      Je te souhaite un très bon dimanche.

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